Compte-rendu de la Journée d’animation du programme REPERE

Échangeant sur le thème de la collaboration entre la société civile organisée et les organismes de recherche et d’expertise pour la mise en place et le pilotage des projets de recherche, les participants ont émis 12 observations principales et recommandations :

  1. Une même organisation de la société civile (OSC) ne peut être compétente pour intervenir dans toutes les étapes d’un processus de recherche ou d’expertise (alerte, construction, suivi, évaluation, etc.). Il faut donc aller vers des co-productions, des co-pilotages, des co-évaluations qui engagent différentes OSC le long du processus.
  2. Il est important de trouver de façon de coupler le temps long de la recherche et le temps court de l’action des OSC (qui risquent de ne pas trouver un intérêt à participer au co-pilotage sur des temps très longs).
  3. Le monde des OSC évolue très rapidement. Il s’agit d’une richesse à préserver. Il faut éviter que l’engagement dans le co-pilotage génère un dispositif d’ONG intégrées aux instances, recevant une « rente » (des subventions et des conventions pluriannuelles) qui peut figer le dynamisme de ce monde.
  4. Il est important de promouvoir des mécanismes qui valorisent les chercheurs engagés dans un dialogue avec la société civile.
  5. Il est important de promouvoir des mécanismes qui permettent de remonter de l’engagement individuel du chercheur vers sa tutelle (institutionnalisation), sans pourtant sacrifier la dimension humain liée aux engagements personnels.
  6. Il est souvent difficile pour un chercheur de légitimer l’ONG comme producteur de savoirs et comme partenaire. Un bilan coûts-bénéfices des organismes de recherche qui s’engagent doit être rendu visible.
  7. Il est important de promouvoir des formations mutuelles entre ONG, organismes de recherches et ministère pour développer un langage commun.
  8. Le « business modèle » des ONG ne permet pas de dégager du temps pour le co-pilotage de la recherche (qui n’aurait pas des retombées directes et à court terme sur les objectifs de l’ONG). Il est important de promouvoir des mécanismes qui permettent aux ONG de dégager du temps. Une harmonisation des agendas et du financement entre ONG et organisme de recherche est indispensable pour penser le co-pilotage.
  9. Il est suggéré de recenser les « pôles des compétences citoyens » (en miroir des pôles de compétitivité) au sein d’un portail et de mettre en place des forums physiques thématiques pour parler de son travail et converger vers des lettres d’intention et des idées de projets en partenariat.
  10. Des critères d’évaluation nouveaux des projets de recherche et d’expertise sont nécessaires. Ils devraient prendre en compte l’excellence scientifique d’un coté, et la réponse aux demandes citoyennes et le niveau d’échange entre partenaires différents de l’autre coté.
  11. Il est important d’évaluer le succès du programme REPERE aussi sur le plan de la constitution d’un réseau permettant un apprentissage collectif et une montée en compétences commune. Ceci est difficile à mesurer, mais pourrait être le résultat principal.
  12. Il ne faut pas se focaliser à l’excès sur les résultats attendus de REPERE (la mise en place du co-pilotage) au détriment du processus pour y parvenir. Ce processus doit être construit avec le temps, collectivement, et doit pouvoir sortir de la ligne droite s’il le faut.

Le compte-rendu est consultable et téléchargeable en ligneUne carte heuristique donne un aperçu plus détaillé des discussions de la journée, et vous pouvez toujours accéder au résumé de la journée.

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