Programme de recherche REPERE : trois partenaires témoignent

Le programme REPERE vise à identifier les voies de la participation des associations à la recherche. Il a soutenu des partenariats expérimentaux entre recherche et associations dont les apports ont été restitués lors du colloque final du programme qui s’est tenu les 15 et 16 mai 2014. Trois personnalités ayant participé au programme témoignent de leur intérêt pour la démarche.
 
Virginie Vieri, animatrice du Réseau régional de lutte contre la précarité énergétique en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (RREP), est à l’initiative du projet REPERE sur la précarité énergétique conduit avec des chercheurs du centre Norbert Elias (CNRS/EHESS). En quoi la recherche a-t-elle enrichi votre vision de la lutte contre la précarité énergétique ?

Outre toutes les ressources, connaissances et recadrages méthodologiques apportés par les chercheurs, cette collaboration nous a permis de renouveler nos approches.

Aujourd’hui, le RREP peut argumenter auprès des commanditaires sur les limites des approches statistiques. Nous disposons des clés pour affiner nos approches sur la caractérisation des ménages mobilisés dans nos enquêtes. En particulier nous avons appris à définir des typologies de ménages. Désormais, pour chaque nouvelle action, nous mobilisons les connaissances issues de la recherche afin d’en retirer des informations qui nous permettent de préciser et de valider nos axes de travail.

En 2014, l’équipe d’animation du RREP a proposé au comité de veille du réseau de saisir la recherche d’une question portant sur les spécificités des ménages modestes en PACA dans leurs rapports à l’énergie et au logement. Le sujet est à l’étude et pourra faire l’objet d’un appel à projets de recherche –action.

Reste à structurer une méthode pour traduire les apports de la recherche dans les actions de lutte contre la précarité énergétique.

Avec le projet PICASO Alternatives, l’INERIS a travaillé avec plusieurs associations sur une évaluation de l’acceptation sociale des méthodes alternatives à l’expérimentation animale. Raymond Cointe, directeur général de l’INERIS, pouvez-vous nous dire en quoi ce projet vous a permis d’approfondir la démarche d’ouverture à la société de l’organisme ?

L’INERIS a entamé depuis le milieu des années 2000 une démarche d’ouverture à la société essentielle pour un organisme dont le métier est au cœur des enjeux de société. L’évaluation des risques nécessite en effet que l’Institut et ses experts sortent de leur « tour d’ivoire » pour que les programmes de recherche répondent au mieux aux besoins et aux attentes de la société.

Le projet Picaso Alternatives nous a permis d’aller au-delà du dialogue engagé avec les associations en leur proposant de participer à un travail d’enquête sur une problématique complexe.

Pour conduire la démarche dans le temps du programme REPERE, il a été nécessaire de travailler avec des associations connues de nous et de préciser les rôles de chacun. La démarche a commencé par une phase de partage des connaissances scientifiques avec les associations. Elles ont ensuite participé à l’élaboration et à la mise en œuvre de l’enquête auprès d’un large public, puis à l’analyse des résultats.

Nous avons pu ainsi mieux comprendre la perception des méthodes alternatives à l’expérimentation animale au sein de la société.

René Raimondi, Président de Ouest Provence et maire de Fos-sur-Mer, première zone industrialo-portuaire de France, vous avez choisi de doter votre territoire d’une politique scientifique, pourquoi ?
Constatant l’absence de données scientifiques sur les impacts de la zone industrielle et sortant d’une période de violents conflits environnementaux, j’ai proposé de créer l’Institut Ecocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) avec pour mission de mettre en place une politique scientifique à l’échelle du territoire qui nous permette de fonder nos prises de décisions, notamment en matière d’aménagement, sur une connaissance de l’état environnemental et sanitaire. L’IECP organise également la participation des populations à la programmation de la recherche, via le volontariat citoyen (VOCE). Disposer de chiffres valides et partagés par tous pour construire ensemble le devenir de ce territoire est primordial. L’IECP et VOCE, en transmettant la connaissance nous permettent d’améliorer l’exercice même de la démocratie et de fonder les décisions sur la « raison ». Enfin, il faut, quand il s’agit de risques sanitaires et environnementaux, être pragmatique et regarder les choses en face. C’est une démarche unique, qui demande d’importants moyens, à la mesure des enjeux portés et à venir. La participation à REPERE a été pour nous un moyen d’être accompagnés dans ce processus innovant et de partager avec l’État les problématiques spécifiques de ce territoire

Vous aimerez aussi...