Ifremer : “Suivis bénévole et scientifique des contaminations microbiologiques du littoral d’Oléron”

Fiche_BESTMILLIT

Projet coordonné par Jean-Louis Gaignon – Ifremer, station de La Tremblade

BESTMILITT porte sur l’acquisition de données de qualité des eaux du littoral et vise à initier un suivi bénévole mis en œuvre par une ONG (Surfrider Fondation Europe) et à étudier les complémentarités d’une telle pratique avec une surveillance institutionnelle opérée par l’Ifremer. Le champ d’application concerne les contaminations microbiologiques du littoral de l’île d’Oléron. En terme de partenariat, l’expérience a été positive puisqu’elle a abouti à l’élaboration en commun d’un protocole de suivi. Les éventuels problèmes de langages entre partenaires prévus initialement n’ont pas eu lieu. Cependant quelques problèmes liés aux différentes disciplines et compétences des personnes impliquées dans le projet sont à signaler. Par ailleurs, la motivation des partenaires à « travailler ensemble » représente plus une volonté individuelle des participants aux projets que de leurs institutions. BESTMILITT a permis aux partenaires de mieux se connaître mais aussi de contribuer à l’approfondissement des méthodes à mettre en œuvre dans le cadre de ce type de collaboration (par exemple, le choix d’un partenaire ONG en fonction de la stratégie propre de l’ONG et des objectifs du partenariat).

L’élaboration en commun d’un protocole de suivi des sources de contamination du littoral constitue le résultat le plus probant de cette collaboration. Son originalité portait sur une contribution de bénévoles pour réaliser des prélèvements, en particulier en liaison avec des évènements pluvieux. Sur les suggestions d’acteurs locaux intéressés par le projet, le profil des bénévoles, uniquement mobilisés par Surfrider, s’est élargi à des professionnels de la mer (conchyliculteurs, pêcheurs). Les résultats montrent une motivation certaine des professionnels bénévoles pour une activité de recueil de données qui demande un investissement en temps non négligeable. Cette motivation est liée à leur rôle de sentinelle de l’environnement puisque leur métier dépend de la qualité du milieu qui les entoure. La motivation de pratiquants d’activités nautiques, bien que concernés par la protection de l’environnement, paraît moindre, insuffisante pour s’investir de manière régulière et spécifique. Les données acquises pour préciser les sources de contaminations microbiologiques, tout comme celles acquises dans le cadre d’un « laboratoire » Surfrider mis en place dans le cadre du projet, sont considérées utiles à la gestion par les acteurs locaux. Il faut toutefois que des cadres et procédures soient définis et être vigilant sur les complémentarités avec les réseaux existants (agence régionale de santé, conseil général). Le projet BESTMILITT n’étant pas pérenne, les initiatives locales mises en place à cette occasion prennent fin à la fin du projet. L’expérience de BESTMILLIT sur la contribution des bénévoles à l’acquisition de connaissances démontre que ce type d’expériences doit, dès le départ, préciser en détail les attendus de la contribution, mais aussi fixer les modalités de la coordination et d’animation. En effet, cette contribution peut représentée le temps de « passionnés » comme c’est le cas pour les réseaux ornithologiques, ou être le résultat d’un processus participatif.