Mobilité, Accueil et Stratégies Territoriales durables des Espaces Ruraux : pour une co-construction d’une plateforme de recherche-action

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Projet coordonné par Paul Arnould – École normale supérieure de Lyon

Les enjeux portés par le projet

Les campagnes changent profondément et rapidement. Elles sont soumises à des pressions relativement fortes. Les transformations qui sont à l’œuvre sont totalement nouvelles. Elles n’ont guère été anticipées. Rares sont les territoires ruraux qui ont fait de l’accueil une réelle stratégie de développement. Plus rares encore sont les territoires qui ont fait de cette « nouvelle donne » démographique un atout dans une stratégie de développement durable. La recherche et l’expertise scientifiques en ces domaines demeurent éparses. Relire les dynamiques de développement des territoires ruraux avec l’angle d’attaque des mobilités et de l’accueil est donc primordial. C’est les inscrire au cœur de la stratégie nationale de développement durable.

Pistes de recommandation issues du projet

Le triptyque « mobilités/territoires/action publique », parce que d’emblée hybride et transversal, a permis de bousculer l’académie. Il a éprouvé, souligné des limites et des marges de progrès dans la capacité à construire et à conduire de la recherche, en particulier dans les « petits » territoires, ceux dont la masse est infime par rapport aux métropoles qui polarisent les travaux de recherche. Il a permis de mieux saisir les réalités actuelles avec lesquelles sont en prise directe les populations et les acteurs territoriaux. Tout cela pose la question du territoire en tant que simple objet multidisciplinaire ou discipline nouvelle à explorer…Cet enjeu est essentiel dans la manière dont se fabrique ou pourrait se fabriquer de l’action (et du débat public), là où la réponse économique n’est pas forcément spontanée, en créant, entre autre, un « espace » pour l’expertise d’usage (des populations, acteurs associatifs).

Sur le couple recherche-société, des consensus (acteurs/chercheurs) se font jour : sortir des laboratoires, des disciplines et des disciplines académiques ; réduire tout ce qui peut faire «distance» entre chercheurs et acteurs ; mieux se parler, mieux se comprendre. Enfin, en construisant un colloque où les artistes avaient une place et « leur mot à dire », la dimension du sensible a réinterrogé les postures et les connaissances des acteurs et des chercheurs.

L’après MASTER : Une illusion féconde : une plateforme acteurs-chercheurs

Le programme MASTER a souhaité créer un espace de partage et de réflexion entre acteurs et chercheurs autour de questions, d’enjeux sociétaux. Comment faire en sorte de poursuivre et de concrétiser cette illusion féconde sans que celle-ci ne soit une coquille vide, stéréotypée ? Une illusion sûrement tant la tâche semble ardue car ce type de plateforme n’est pas « unique ». Elle doit composer et faire avec la multiplicité des échelles territoriales et des modalités de construction du rapport chercheur-acteur. Mais féconde à coup sûr car toute démarche projectuelle offre matière à production de connaissances, de liens et d’avancées collectives, conditions primordiales au changement.

Objectifs principaux :

⇒ produire une meilleure efficience en matière de recherches appliquées ;

⇒ tester de nouvelles méthodes de co-conception dans l’élaboration des programmes de recherches ;

⇒ traduire en programme de recherche les nouvelles questions des acteurs en phase avec de nouveaux enjeux ;

⇒ expérimenter une manière nouvelle de travailler et de coopérer entre universités, chercheurs, étudiants et territoires (dont l’idée de créer des comités d’usagers au sein des programmes de recherches, dont l’idée de faire vivre une « bourse » aux thèses).

Une évolution du projet associatif du Collectif Ville Campagne

L’association a décidé d’enrichir ses thèmes de travail aux questions de transition écologique et de construction d’écosystèmes territoriaux ouverts et reliés. Dit autrement, le Collectif Ville Campagne s’intéressera à explorer une approche écologique du développement local. Côté gouvernance, en 2014 sera créé au sein de l’association un comité scientifique, qui permettra d’associer des formes complémentaires de savoirs.