“Prise en compte de la dimension patrimoniale dans la définition de la durabilité des modes d’exploitation des ressources aquatiques”

Projet coordonné par Patrick Prouzet — Ifremer

Fiche de présentation du projet_DIMPAT

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L’objet d’étude est la pêche artisanale maritime et continentale, activité de pêche la plus répandue en Europe. Les acteurs provenant de divers horizons : ONG, structures associatives, de recherche, professionnelles ont mis en commun leurs expériences et leurs savoirs pour tenter de bien mettre en évidence ce qui caractérise le mieux cette activité de pêche et de définir la dimension patrimoniale de cette filière de production. Les acteurs ont fortement convergé sur la nécessité de mettre l’aspect humain et plus largement les communautés de pêcheurs au cœur de la dimension patrimoniale. Ces dernières ont su s’appuyer sur des savoirs et savoir-faire transmis de génération en génération pour exploiter durablement les ressources aquatiques depuis de nombreuses décennies et su associer dans de nombreuses régions « culture et nature » pour enrichir la diversité des patrimoines régionaux. Dans ce contexte, la culture est qualifiée de « terreau de la nature » : développement durable et territoires sont associés via de nombreuses expériences de « bonnes pratiques » qui ont été illustrées dans ce projet par de nombreux exemples et qui mettent en jeu une diversité d’acteurs.

Travailler dans un cadre de dimension patrimoniale, c’est donc qualifier le développement durable à l’échelle du territoire comme un double processus qui est celui d’alléger la pression sur l’environnement naturel, c’est-à-dire minimiser l’empreinte écologique tout en renforçant l’empreinte culturelle par la transmission des savoirs de génération en génération en les faisant évoluer dans des contextes de développement et d’environnement social différents. Les préoccupations culturelle et environnementale sont très dépendantes. Les acteurs du projet ont insisté sur le fait que la conservation du patrimoine ne doit pas évoluer vers le « syndrome de l’arche de Noé » : conserver pour conserver n’a pas grand intérêt, mais « conserver pour animer, animer pour transmettre afin de faire de la conservation du patrimoine un vecteur de cohésion sociale ». L’importance des communautés de pêcheurs artisans pour la veille environnementale de par leurs préoccupations sociales et culturelles a été soulignée. La culture multiséculaire de ces communautés les prédispose à jouer un rôle majeur dans les programmes de préservation et de conservation du patrimoine naturel. Leurs associations anciennes avec le monde scientifique ou plus récentes avec les ONG et associations de protection de la nature ouvrent une large voie au développement des Sciences Citoyennes. Cela devrait convaincre plus encore les gestionnaires que la solution aux problèmes environnementaux ne peut se faire qu’en associant à la décision tous ceux qui sont concernés par une approche de démocratie participative. Mais, pour que ces activités perdurent, il faudra bien que l’on respecte et renforce le devenir de ces communautés de savoirs, et en particulier celui de nos communautés de pêches maritime et continentale . Cela ne peut se faire qui si les activités humaines respectent les écosystèmes aquatiques, ce qui n’est plus le cas depuis le milieu du 20ème siècle car l’homme a de plus en plus de mal à maîtriser sa puissance technologique or « on ne commande à la Nature qu’en lui obéissant ».

Ce projet s’inscrit dans l’axe thématique “Conservation et gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles” de la SNDD.