AGVT – Une transition écologique citoyenne soutenue par des espaces tiers de recherche coopérative à partir des enjeux scientifiques et citoyens de l’éolien terrestre

Octobre 2017 – septembre 2020

Partenaires du projet

  • Collège Coopératif en Bretagne, Nadine Souchard, nadine.souchard@univ-rennes2.fr
  • Association Gare aux vents de Tresboeuf (AGVT), Jean-Marc Vanhoutte jm.vanhoutte@aliceadsl.fr
  • Association Énergies citoyennes en pays de Vilaine (EPV), Yves Deniaud

Présentation du partenariat

Le triangle moteur sur lequel ce projet de recherche participative s’appuie se compose de:

  • une association environnementaliste EPV (Énergies citoyennes en pays de Vilaine) promotrice d’un éolien terrestre industriel citoyen,
  • une association rurale de préservation du cadre de vie et de l’environnement qui refuse un projet éolien terrestre industriel, AGVT (Gare aux vents de Tresboeuf)
  • et une association de recherche et d’enseignement, liée à l’ESS (Économie sociale et solidaire), conventionnée avec l’université de Rennes 2, le CCB (Collège Coopératif en Bretagne).

Présentation du projet

Trois volets de la problématique ont été abordés, avec un avancement relatif de chacun, pour mieux comprendre les enjeux de l’éolien terrestre de réseau face à la transition écologique citoyenne. Deux valeurs qui légitiment plus que jamais les trois piliers du développement durable, équité et solidarité, ont constitué la base de ce projet. Le premier volet concerne le risque sanitaire, et plus particulièrement le syndrome éolien, appréhendé à travers les effets des IBF(infrasons et basses fréquences) sur l’oreille interne. Elle a débouché sur une première ébauche d’une étude épidémiologique. Le second touche l’industrialisation des campagnes par les aérogénérateurs d’électricité que constituent les éoliennes terrestres et le lien dans les territoires ruraux entre précarisation énergétique et contribution des plus pauvres au financement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et solaire). Le troisième n’a été qu’esquissé, est dans la continuité du second à travers la CSPE (taxe sur la facture d’électricité), et pose la question du nucléaire, énergie électrique décarbonée en voie de devenir variable d’ajustement des énergies renouvelables intermittentes devenues prioritaires sur le réseau, les compteurs Linky constituant alors un mode de pilotage de ce marché de l’électricité ouvert à la concurrence.

Le premier volet est central en posant clairement la question du risque sanitaire et ses atteintes sur les populations riveraines. Il remet en cause sous ce jour la notion d’acceptabilité sociale des projets éoliens, se situe clairement dans une position de lanceur d’alerte et pose le principe d’une étude épidémiologique pour que les populations rurales touchées ne payent pas au prix de leur vie et de leur santé, le développement de ce secteur économique, hautement spéculatif dans ses investissements. Ces risques sont évacués sans jamais être évalués par une étude épidémiologique préconisée pourtant par de hautes instances scientifiques (ANSES, Académie de médecine).
Face au désarroi des populations rurales vulnérables, confrontées comme riverains à ce type d’intrusion industrielle, il convenait d’ouvrir le débat démocratique, de faire surgir les controverses, notamment sur l’augmentation notable des gaz à effets de serre en Europe en dépit d’une augmentation considérable des investissements dans les énergies renouvelables intermittentes, et ne pas laisser seuls ces habitants relégués à leur égoïsme en n’acceptant pas de rejoindre la bonne cause industrielle et capitaliste de la lutte contre le réchauffement climatique.

Les apports du projet à la thématique environnementale

Une première formulation d’une proposition d’étude épidémiologique par cohortes, impliquante et impliquée a été proposée. Cela a supposé de reconnaître d’abord socialement et culturellement les populations riveraines rurales de parcs éoliens, puis de prendre en compte le prix qu’elles payent, notamment par les risques sanitaires encourus et la perte de valeur de leur habitat en voie de dégradation. Cette première étape part du principe que les habitants riverains ruraux ne façonnent pas leur possible maladie parce qu’ils refusent l’implantation d’éoliennes dans leur espace de vie (effet nocebo, inverse de l’effet placebo). Les questions soulevées par le développement de cette énergie renouvelable intermittente, l’éolien terrestre, ne peuvent faire l’impasse sur cette condamnation injuste. Cela pose un cadre renouvelé pour la solidarité, notamment avec les plus pauvres des habitants ruraux riverains : accepter de connaître les effets sanitaires sur les populations et en fonction des effets évalués, en tirer toutes les conséquences pour proposer de nouveaux échanges et pistes d’actions pour une transition écologique.

Le second volet ouvre cette voie inédite, et a donné lieu, dans le cadre d’un conseil de développement d’une communauté de communes, Bretagne porte de Loire Communauté, à un travail exhaustif de recensement des logements anciens et du mode de chauffage électrique en vue de chiffrer selon les revenus des ménages la contribution des plus modestes aux énergies renouvelables intermittentes. Ce que perçoivent les collectivités territoriales des parcs éoliens peut alors être comparé à ce que payent les ménages ruraux pauvres.

Les connaissances acquises ont été engendrées par une capacité de résistance collective à un projet qui a eu des effets démultiplicateurs quant à la production de savoirs d’usages et de mobilisation de ressources d’expertise. Engendrées dans un cadre associatif, elles ont touché par porosité, des échelles distinctes : riverains, conseil municipal, Collège coopératif, associations environnementales, réseau de chercheurs, conseil de développement, etc., et développé des manières de travailler ensemble.

Les apports du projet pour les partenaires du projet

Les conséquences sont fortement variables pour chacun des trois pôles de la recherche participative, aujourd’hui en pleine recomposition, et ont amené en ouvrant de nouveaux espaces locaux de débat et d’actions, à recomposer les relations et les attentes de chacun. Le fait d’avoir centré le premier travail de recherche sur l’étude épidémiologique a mis l’accent sur le pôle des riverains (AGVT). L’instance académique liée à l’ESS (CCB) en accueillant sans moyens financiers cette démarche a d’abord créé les conditions d’une confiance pour accompagner et poursuivre cette recherche par une réponse à un appel à projets du programme SHS (Sciences Humaines et Sociales) Cit’In du GIS-CNRS Démocratie et participation. Les effets sanitaires des aérogénérateurs (non encore implantés) ont été jugés trop complexes et lointains du quotidien des habitants, riverains inclus, lesquels se sont davantage centrés sur les recours juridiques (AGVT). Pour l’association environnementaliste (EPV) promotrice de parcs éoliens citoyens, le traitement de la question sanitaire s’est d’abord limité à la consultation de géobiologues, en vue de renforcer l’acceptabilité sociale. C’est par le second volet portant sur le logement rural, et la mise en place par le Conseil de développement d’un atelier sur la transition écologique, animé par un membre d’AGVT que commencent à se rejoindre les attentes des deux associations en y associant les élus du territoire.