ImpPaCTERA – Impact de la Participation Citoyenne dans la Transition Écologique par la Recherche Action ?

Partenaires du projet

GRAINE Occitanie, Mme Karine Dewilde, karine.dewilde@grainemidipy.org

Union Régionale CPIE Occitanie, Mr Boris Landsberger, boris.landsberger@urcpie-occitanie.fr

Présentation du partenariat

Avec les membres du GRAINE-Occitanie, l’Union Régionale des CPIE Occitanie et de l’Espace de Concertation de l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable (ECEEDD) nous avons fait le constat, que suite à une trentaine d’années de sensibilisation aux enjeux écologiques, l’adoption massive de comportements écologiques n’était pas détectée. Ce constat a été problématisé en Sciences de l’Information et de la Communication – SIC (sur l’aspect discours et imaginaire écologique) et en Psychologie Sociale – PS (pour l’aspect représentations sociales, pratiques et engagement écologique) et a ainsi été consolidé en une thèse (2016-2019) avec une bourse régionale de recherche doctorale. Le partenariat a un volet descriptif (enquête régionale avec le GRAINE-Occitanie) et une complémentarité expérimentale (innovations en communication engageante avec les CPIE).

Présentation du projet

Cette recherche-action est issue d’une demande formulée par les associations d’éducation à l’environnement (GRAINE-Occitanie et Union Régionale des CPIE Occitanie) et les collectivités (La Région Occitanie et Agglomération Tarbes Lourdes Pyrénées) – comment se fait-il que les individus soient conscients des enjeux écologiques mais n’adoptent que trop rarement des écogestes ? L’objectif de cette recherche-action est d’aboutir à un baromètre qui permette d’évaluer l’impact psychosociologique de politiques publiques environnementales dans une dynamique de transition écologique de la société. Il s’agit de comprendre comment les discours de la Transition Écologique (les prescriptions et les campagnes de communication des politiques publiques) impactent les imaginaires, les pratiques et les engagements écologiques des acteurs associatifs et des citoyens.

Le projet est réalisé en deux phases répondant aux deux volets de la recherche : 1) descriptif et 2) expérimental. La phase 1 descriptive a été réalisée à travers une enquête co-construite et co-administrée avec le GRAINE (n=1755 répondants) mesurant les déterminants psychosociologiques de l’engagement écologique ainsi que les représentations sociales de l’écologie. Cette phase 1 implique également une analyse des discours écologiques afin de déterminer l’argumentaire d’une rhétorique au changement. La phase 2, expérimentale, est réalisée avec les CPIE : elle teste des innovations de la communication engageante des écogestes dans 24 entreprises. Cette phase 2 permettra également d’identifier quels facteurs psychosociologiques et informationnels impactent quels déterminants de l’engagement écologique afin de les injecter dans des nouveaux récits de l’écologie qui résonnent avec les aspirations des citoyens.

La recherche-action permet de tester et de faire évoluer la théorie par sa mise en pratique. Elle permet également d’échanger les savoirs expérientiels (la réalité des acteurs) et les savoirs académiques (la théorie des chercheurs). Ces savoirs sont produits en réponse à une demande sociale, pour les associations et les collectivités qui souhaitent mieux accompagner les citoyens dans des Transitions Écologiques. Il s’agit de savoirs appliqués puisqu’un baromètre est produit afin d’évaluer la résonance des communications et sensibilisations environnementales auprès des citoyens. Ces savoirs apportent en outre des avancements théoriques en PS et en SIC dans l’explication des comportements écologiques en faisant appel aux représentations sociales / imaginaires écologiques et en tissant ainsi des liens plus étroits entre le dire et le faire.

Les apports du projet pour les partenaires et à la thématique environnementale

La recherche-action impose la confrontation de la théorie à la pratique du terrain, apportant ainsi des connaissances opérationnelles pour les partenaires de recherche et des précisions empiriques pour l’imbrication de plusieurs théories décrivant les comportements écologiques.

En termes de connaissances dites opérationnelles, nous pensons à la montée en compétences des acteurs associatifs dans les théories comportementales et leurs implications communicationnelles (cf. communication engageante) dans leurs actes de sensibilisation. En outre, des temps de réflexivité commune ont permis de dégager de nouvelles postures des éducateurs et animateurs à l’environnement vis-à-vis de leurs publics au cours de et suite à la recherche-action. Nous pensons également aux outils coproduits, parmi lesquels le baromètre de l’engagement et le dispositif de communication engageante intégré dans les pratiques de sensibilisation des associations. Le baromètre permet aux associations (et aux collectivités) d’évaluer diachroniquement (ex-ante/ex-post) l’impact d’une sensibilisation (ou d’une campagne de communication) sur des déterminants psychosociologiques identifiés de l’engagement écologique. L’apport de ce baromètre, mis à part son adaptabilité, sa rapidité et son accessibilité, est qu’il met en relation les représentations sociales avec les niveaux d’engagement des administrés. Cette innovation permet aux administrateurs d’évaluer les savoirs préalables des publics cibles afin d’adapter la sensibilisation (ou la campagne de communication) aux niveaux d’engagement identifiés. Dans une perspective communicationnelle, il s’agit d’entrer en résonance avec les publics cibles, autrement dit, de parler le même langage, en les rendant acteurs de l’acte de communication (et non seulement récepteur). Ces savoirs ont été présentés aux élus, aux agents et à la Présidente de la Région Occitanie par et avec les acteurs de recherche le 31 mai 2018 à l’Hôtel de Région Occitanie.

Côté recherche, les précisions empiriques consistent d’abord en une meilleure compréhension de l’imbrication de plusieurs théories comportementales et sociales (voir Figure 1 ci-dessous). Il s’agit en effet de compléter le pouvoir explicatif de nos comportements écologiques du quotidien à partir de la Théorie du Comportement Planifié de Ajzen (1991) avec les théories des représentations sociales (Moscovici, 1961 ; Lo Monaco, 2016), des niveaux de construit de la distance psychologique (Trope & Liberman, 2008) ainsi que des niveaux d’identification de l’action (Wegner & Vallacher, 2012). L’approche d’analyse lexicale du contenu des représentations sociales avec les outils de lexicométrie nous a permis de développer un dialogue enrichissant entre méthodologies quantitative et qualitative, avec un va-et-vient entre les métadonnées psychosociologiques et les données lexicales des imaginaires écologiques recueillis. Ces savoirs sont valorisés et confrontés aux pairs scientifiques lors de comités, séminaires et conférences.

Schéma du modèle intégratif proposé (TCP d’Ajzen, 1991 + en orange les éléments ajoutés). Nota bene : leurs positions/places dans le modèle sont exploratoires.