Refuge – Risque en Fermes Urbaines : Gestion et Évaluation

Projet démarré en janvier 2016 pour une durée de 4 ans
(2 ans pour la mise en œuvre de la méthodologie et 2 ans pour le transfert de l’expertise)

Partenaires du projet

Partenaires scientifiques:

AgroParisTech (UMR GENIAL, UMR SAD-APT, UMR ECOSYS, Exp’Au), INERIS, INP de Toulouse ; Contact : Nastaran Manouchehri (nastaran.manouchehri@agroparistech.fr) et Christine Aubry (christine.aubry@agroparistech.fr)

Porteurs de projets d’agriculture urbaine de la région parisienne notamment les associations suivantes :

La ferme du Bonheur à Nanterre (Anne Métrard ; ametrard@lafermedubonheur.fr),

La Recyclerie à Paris, Les jardins du cœur à Montreuil, l’association territoire à Saint-Denis,

Les jardins familiaux à Saint-Denis, la ferme de Gally/Parti poétique à Sainte-Denis)

Les collectivités territoriales :

  • Ville de Saint-Denis (Delphine Truchet ; delphine.truchet@ville-saint-denis.fr),
  • Ville de Rungis (Laurence Rosaz),
  • Plaine commune (Magali Bardou ; magali.bardou@plainecommune.com)
  • Ville de Paris (Laboratoire d’Analyse Agronomique) ; François Nold (francois.nold@paris.fr)

Autres partenaires

  • L’agence régionale de la santé (ARS Ile-de-France et ARS 93) ; Flore Taurines (flore.taurines@ars.sante.fr)
  • Agence de L’environnement et de la Maîtrise de l’Energie ; Stéphanie Khayat (stephanie.khayat@ademe.fr)
  • Bureau d’étude GREENATION-SAS NEOBAB, Vincent Vanel (neobab.vvanel@gmail.com)

Présentation du partenariat

REFUGE est un projet de recherche participative qui vise le transfert des connaissances en matière d’évaluation et de gestion du risque sanitaire vers les usagers finaux (porteurs de projet en agriculture urbaine notamment les associations, les acteurs de terrains du type collectivités et enfin la société civile c’est-à-dire les visiteurs et les consommateurs). Le projet s’alimente des données de terrain fournies par les porteurs de projet. Ces données, qui correspondent aux spécificités des fermes (type d’activité et le poids des différentes fonctions, type du public qui fréquente, production, pratiques agricoles et d’hygiène,…), permettent d’avoir une estimation précise du risque sanitaire relatif à la présence des polluants en milieu urbain et de proposer des mesures de gestion adéquates aux porteurs de projet. La méthodologie a été mise en œuvre dans 5 fermes urbaines pilotes du programme en lien étroit avec les associations (échange, enquêtes et expérimentation de terrain).

Présentation du projet

Les projets d’agricultures urbaines1 révèlent un engouement indéniable pour la production alimentaire de proximité. Des analyses de sol réalisées dans des microfermes urbaines d’Ile-de France, mettant sur le marché des produits alimentaires, révèlent fréquemment des dépassements de seuils2 en éléments traces métalliques (ETM). En l’absence de méthode d’évaluation-appui à la gestion des risques sanitaires relatifs à la présence des ETM dans les sols urbains cultivés, une équipe pluridisciplinaire d’AgroParisTech s’est constituée afin d’accompagner les associations et les collectivités démunies face à ce problème de pollution.

Il s’agit d’une méthodologie intégrative d’évaluation et de gestion des risques liés à la contamination des sols en milieu urbain, applicable à toutes les formes de l’agriculture urbaine. Elle s’appuie sur le règlement CE 178/2002. Elle traite toute la chaine, de l’exposition aux polluants jusqu’à la gestion du risque. Elle est composée de trois phases :

  1. La caractérisation de la pollution pour l’évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS). Cela repose sur l’étude documentaire et historique de l’usage du site, l’analyse des sols et des légumes et le niveau d’exposition des usagers. Ces données permettent d’élaborer des scénarii d’exposition et de calculer le risque relatif aux deux principales voies d’exposition (consommation de légumes et ingestion de sol et de poussières) pour les différentes catégories d’usagers.
  2. L’élaboration d’un Plan de Maitrise Sanitaire (PMS) comme outil de gestion du risque basée sur l’étape précédente (EQRS). Le PMS est un dispositif français appliqué au secteur agroalimentaire dans le but d’assurer la sécurité sanitaire des denrées alimentaires. Appliquée aux fermes urbaines, l’élaboration d’un PMS consiste à identifier les risques associés à chaque étape du processus de production, de la fourche à la fourchette, et à proposer des mesures de gestion pour prévenir et/ou limiter ces risques pour les usagers.
  3. Transfert de l’expertise : l’accompagnement des porteurs de projet et des acteurs de terrain concernés par la démarche.

Les apports du projet à la thématique environnementale

Est-ce que dans le cadre du projet, des connaissances nouvelles ont été produites sur la thématique traitée ? Si oui, comment qualifier ces connaissances ? Connaissances pour la recherche, connaissances pour l’action (cf séminaire REPERE de 2013) ? Comment les connaissances ont été valorisées ?

Refuge est proposé pour répondre à un besoin fort dans un contexte d’émergence de l’agriculture urbaine en région Ile-de-France et d’absence de réglementation et d’accompagnement des porteurs de projets par rapport à la problématique de la pollution des sols dans les micro-fermes urbaines. Elle apporte notamment des précisions en matière d’évaluation quantitative du risque (EQRS)1 en agriculture urbaine, car elle prend en compte les spécificités des différentes formes de l’agriculture. L’originalité de la méthodologie consiste particulièrement en la mise en place du PMS (approche inédite) pour la gestion du risque, adaptable à toute forme de l’agriculture urbaine.

Le projet apporte, à la fois, des connaissances pour la recherche scientifique (en lien avec les axes de recherche des différents chercheurs impliqués) et des connaissances pour l’action (co-construction et validation de la méthodologie avec les acteurs de terrain et les autorités de santé).

REFUGE s’alimente des questions de recherche notamment par rapport au devenir des ETM de sol, leur mobilité (leur capacité de désorption de la phase solide du sol), biodisponibilité (leur transfert sol-plante) et bioaccessibilité (leur devenir après l’ingestion de légume ou de sol). Par ailleurs, la méthodologie est en cours de co-construction avec les acteurs concernés (porteurs de projet, ARS, deux collectivités Rungis et la Plaine commune, INERIS, Ville de Paris, ADEME) pour produire deux guides opérationnels en évaluation et gestion du risque pour les usagers finaux.

Ces connaissances sont valorisées sous différentes formes :

  • Déclaration d’invention (dépôt de marque AgroParisTech-Inra) enregistrée sur la méthodologie REFUGE (avril 2018)
  •  Diffusion des connaissances à travers la pédagogie (formation initiale et continue)
  • Production à venir de deux guides et la mise place des formations associées pour les usagers (guides en cours de rédaction, échéance 2019-2020 ; projet soutenu par la région Ile-de-France et ADEME)
  • Valorisation scientifique : colloque (1), publications (3 en cours)

Les apports du projet pour les partenaires du projet

REFUGE a été appliqué aux 5 fermes pilotes. La première application concerne les trois fermes pilotes (Jardin du cœur, Recyclerie et Ferme du Bonheur) où la méthodologie a été entièrement testée (évaluation quantitative du risque et mise en place des classeurs PMS comme un outil de gestion du risque dans chacune des fermes). Cela se traduit par l’accompagnent des porteurs de projet pour faire un état des lieux de leurs pratiques agricoles et d’hygiène, les adapter aux potentiels risques identifiés et enfin mettre en place de nouvelle mesures de gestion. L’accompagnement concerne aussi la communication autour du risque sanitaire auprès de leurs employés et de leurs publics (adhérents, visiteurs, etc…).

L’approche EQRS a aussi été testée suite à la sollicitation de la ville de Saint-Denis par rapport au dépassement du plomb dans les sols de ses différentes formes d’agriculture urbaine (exploitation agricole, ferme d’insertion, jardins familiaux). Suite à une expérimentation de culture dans ces trois types d’agriculture urbaine, la Ville a pu bénéficier de l’expertise REFUGE pour appréhender le risque chimique lié à la présence du plomb dans les sols et des recommandations pour limiter le risque. Une charte de bonnes pratiques a ainsi été proposée à la ville pour le cas spécifique des jardins familiaux.

1 Cette approche s’inspire de la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués du MTES (actualisée en 2017) et l’adapte au cas de l’agriculture urbaine et ses spécificités.

1 L’Agriculture urbaine est considérée comme l’agriculture localisée dans la ville et à sa périphérie, dont les produits sont destinés à la ville et pour laquelle il existe une alternative entre usage agricole et urbain non agricole des ressources (Moustier et Mbaye, 1999).
2 Les seuils d’usage en France sont : i) Valeurs du fond pédogéochimique des sols agricoles ; ii) les seuils établis pour les sols pouvant recevoir des boues d’épandages (Directive n° 86-278 du 712/06/86 relative à la protection de l’environnement et notamment des sols). A ces seuils s’ajoute l’avis du HCSP concernant le cas spécifique du plomb.