VOCE – Volontaires pour l’observation citoyenne de l’environnement

2011 – 2020

Partenariat

Partenaires du projet

  • Structure(s) associative(s) : Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP), centre d’étude de l’environnement et de l’effet des pollutions sur la santé. Directeur : Philippe Chamaret (philippe.chamaret@institut-ecocitoyen.fr ; +33 6 61 81 46 28)
  • Structure(s) publique(s) de recherche : Aix Marseille Université, Laboratoire de Chimie de l’Environnement. Directeur : Henri Wortham (henri.wortam@univ-amu.fr ; +33 4 13 55 10 39)

Présentation du partenariat

Le partenariat de départ se fonde sur trois acteurs dont l’expertise porte sur :

  • les questions locales d’environnement et d’engagement : l’Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions (IECP);
  • l’observation scientifique : Aix Marseille Université (AMU).

L’organisation de VOCE se répartit en 2 structures principales d’analyse, de fonctionnement et de validation – un comité de pilotage et des focus groups – auxquels s’ajoutent des experts techniques dans des domaines touchant la formation des volontaires.

Les focus group ont réuni une dizaine de personnes impliquées dans des associations locales, pour formuler et analyser les différents types d’usage de l’environnement que font les habitants du territoire. Cette phase a eu pour résultat de mesurer et prévoir les actions d’observation qui peuvent être mises en œuvre.

Parallèlement, un diagnostic territorial a été mené pour identifier les groupes actifs sur le plan de l’usage de l’environnement, que ce soit sur le mode récréatif, professionnel ou de l’engagement personnel pour la protection des milieux : associations de défense de l’environnement, activités culturelles et sportives, syndicats professionnels, pratique de la chasse et de la pèche, éducation…

Présentation du projet

Le territoire dans lequel s’est déroulé cette expérience se trouve à 40 km de Marseille et abrite l’une des plus importantes zone industrielle d’Europe, regroupant sur une étendue de 10000 ha des sources d’émissions polluantes diversifiées : sidérurgie, pétrochimie, raffinerie, trafic routier et maritime, traitement de déchets ménagers et industriels.

Le projet d’Observatoire Citoyen de l’Environnement (VOCE) fait suite aux mutations qui se sont opérées au sein de ce territoire concerné à la fois par l’usage de l’environnement et par son aménagement, notamment industriel.

Les connaissances acquises par les acteurs des mutations portent sur l’environnement, à la fois comme bien patrimonial mais aussi comme milieu d’usage. L’histoire de ce territoire est marquée par un élément supplémentaire à la problématique environnementale : la question démocratique. En effet, la décision d’implanter en 2005 un incinérateur dédié aux déchets de la Communauté Urbaine de Marseille a été imposée aux populations locales, qui s’étaient déjà insurgées face à la construction d’un terminal méthanier sur la plage la plus fréquentée des citoyens de cette zone.

Autant de décisions sans participation qui ont structuré les populations en mouvements contestataires, en quête d’information cohérente et intelligible sur une réalité qu’il fallait reconquérir. Les acteurs de ce territoire étaient en demande d’une réelle approche scientifique, qui puisse fonder des échanges sur un socle de confiance. Il s’agissait de confier l’expertise au monde scientifique dans sa dimension universitaire et de recherche.

Le projet VOCE représente le développement de cette démarche, dont l’objectif est de resituer chaque acteur strictement dans son rôle, en fonction de l’expertise qu’il porte : proposer aux citoyens d’observer leur environnement et d’en partager la compréhension avec le monde scientifique, afin d’assurer une co-production de la connaissance.

Parallèlement à cet objectif, VOCE vise à animer la mémoire du territoire, en faisant appel à la culture des habitants, présents parfois depuis plusieurs générations.

Enfin, que les citoyens acquièrent une meilleure connaissance de l’approche scientifique contribue également à dépassionner les débats, dès lors qu’il existe une connaissance partagée.

Les apports du projet à la thématique environnementale

Le projet VOCE a permis de développer des protocoles de mesures et d’observation de paramètres environnementaux, impliquant les citoyens volontaires à différentes phases de la démarche de recherche.

De nouvelles connaissances ont notamment été développée en matière d’exposition atmosphérique des populations riveraines de sites industriels, ainsi qu’en terme de contamination du milieu marin. Enfin, une approche sociologique d’étude du dispositif permet d’identifier des éléments d’analyse complémentaires sur les risques environnementaux et sanitaires, et les transformations silencieuses que ceux-ci provoquent au quotidien. Ainsi, ces connaissances concernent à la fois l’action et le milieu de la recherche.

La démarche et ses résultats ont été communiqués dans le cadre de différents colloques :

  • Séminaire du cercle « science et travail » de l’IHEST 2013
  • Colloque «Débattre des technologies : un enjeu territorial ? « de l’IHEST 2015
  • Atelier Sciences participatives-Labex DRIIHM 2016
  • European Association for the Study of Science and Technology (EASST) : Conférence 4S Barcelona 2016, « Monitoring pollution with local communities and lichens in the Fos-sur-mer industrial area (France) »
  • Colloque « Participation in Risk Analysis – Modes of Risk Governance in European Risk Assessment and Risk Management Institutions » du Paris Risk Group 2016
  • Colloque «Autour des sciences écocitoyennes territorialisées» de l’Université de Liège 2017
  • Journée d’étude de l’axe « Crises, causes, controverses environnementales »

Par ailleurs, des articles scientifiques ont été publiés au sein de revues de référence :

  • Toucher la pollution industrielle du doigt grâce aux lichens – Ethnographie d’une observation scientifique et citoyenne de l’environnement à Fos-sur-Mer. Technique et culture 2018. Gramaglia C, Dauphin CE
  • Participation de citoyens volontaires de la population locale dans les mesures de la qualité de l’air autour de la zone industrielle de Fos-sur-Mer. Pollution Atmosphérique 2018. Dauphin CE, Dron J, Austruy A, Agnan Y

Les apports du projet pour les partenaires du projet

La lutte contre les pollutions et les dégradations de l’environnement consiste, pour les collectivités locales, à mettre en œuvre des mesures de prévention telles que la sensibilisation et l’implication des acteurs locaux (citoyens, élus, agriculteurs, scolaires, entreprises, …).

Ces mesures peuvent être menées au travers de politiques locales de développement durable, qui répondent aux enjeux mêlant l’ensemble des dynamiques territoriales. Toutefois, les collectivités engagées dans une démarche Agenda 21 ont parfois des difficultés à concrétiser leurs objectifs de lutte contre les pollutions et de préservations des espaces naturels et la biodiversité locale, faute de compétence dans ces domaines.

Ces actions nécessitent en premier lieu de disposer de données scientifiques pour connaître les sources et les modes d’exposition aux polluants. En outre, l’expérience indique que les actions de sensibilisation des citoyens par simple information unilatérale, de type réunions publiques ou par voie de presse, sont limitées en matière de transcription en actions concrètes.

Deux objectifs prioritaires se dégagent de l’expérimentation conduite dans le cadre de l’Observatoire Citoyen de l’Environnement :

  • Ancrer les pratiques citoyennes de recherche au sein des politiques locales de développement durable.
  • Mettre à disposition des décideurs locaux les outils de réflexion répondant à leurs responsabilités.